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Huit mises en accusation anonymes du Tribunal international pour le Rwanda

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Publié le 13/12/1995 à 11h21

Seize mois après la fin du génocide au Rwanda, le Tribunal pénal

international a émis, hier, ses huit premières mises en accusation sans, toutefois, révéler l'identité des inculpés. Au siège du tribunal à Arusha, en Tanzanie, le procureur Richard Goldstone a expliqué que l'anonymat des huit mandats d'arrêt internationaux lancés servait à «éviter des fuites». Il a précisé que cinq prévenus étaient poursuivis pour leur participation directe au génocide, alors que trois autres ­ des «planificateurs» ­ le seraient pour «conspiration en vue de commettre un génocide». De nouveaux actes d'accusation seront délivrés en mars prochain, concernant des suspects déjà arrêtés en Belgique et en Zambie, a-t-il ajouté. Dès le mois de janvier, le Tribunal international procéderait également à des «exhumations de fosses communes» au Rwanda, afin de constituer de nouveaux dossier d'inculpation.

Les mises en accusation du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR) interviennent alors que la justice rwandaise, après un renvoi de séance sine die le 6 avril dernier, n'a pas encore traduit en justice un seul des quelque 60.000 détenus hutus, maintenus en prison. Créé en novembre 1994, le TPR n'a pourtant obtenu ses trente premiers enquêteurs ­ néerlandais ­ qu'en septembre. Parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, seule la Grande-Bretagne a fourni trois officiers de police, la France devant encore s'acquitter de la contribution promise... En fonction de la collaboratio

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