«Des enfants pieds nus dans le froid, des vieux à genoux dans les
champs cherchant des racines pour se nourrir...» La disette qui frappe les campagnes nord-coréennes depuis cet été a commencé à dégénérer en une famine qui risque de s'aggraver. Déjà, poursuit un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) de retour de Pyongyang, «l'ensemble de la population n'a plus assez pour se nourrir... cela se dégrade jour après jour. La malnutrition se développe partout».
Lorsque la Corée du Nord, bastion communiste de 23 millions d'habitants qui a élevé l'autosuffisance au rang de principe idéologique, lança en septembre un appel à l'aide internationale, pour la première fois de son histoire, la communauté internationale demeura dubitative. Selon un bilan officiel, les inondations de l'été ont dévasté 145 des 200 districts du pays, tuant 68 personnes, détruisant 100.000 maisons et faisant 500.000 sans-abri. Officiellement, les dégâts se montent à 15 milliards de dollars, soit 75% du PNB! S'agissait-il d'un authentique appel de détresse ou bien d'une nouvelle manoeuvre de la dynastie communiste de Pyongyang qui arbore une croissance négative depuis 1990 pour s'attirer une aide économique? A en croire les nombreuses missions qui se sont rendues sur place, l'heure n'est plus aux conjectures. Trevor Page, du PAM, conclut aujourd'hui à une «situation alimentaire critique» qui a été «largement sous-estimée par la communauté internationale» laquelle a fourni jusqu'alors à peine 24




