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Libération
Reportage

Yokosuka regrette le temps du dollar-roiCette ville du sud de Tokyo, qui voisine avec une base US, échappe à la phobie antiaméricaine.

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Publié le 23/12/1995 à 11h01

Yokosuka, envoyée spéciale

Le viol d'une écolière de 12 ans par trois G.I.'s, le 4 septembre à Okinawa, petite île japonaise du Pacifique où se trouve la plus grande base US d'Asie, a relancé le débat au Japon sur le pacte de sécurité nippo-américain. Les manifestations se sont multipliées à Okinawa et ailleurs au Japon sur la présence de 45.000 soldats américains dans l'archipel. Mais à Yokosuka, une petite ville côtière située au sud de Tokyo qui abrite une base américaine de 2.500 hommes, la population semble prendre les choses avec calme. Les habitants continuent d'accueillir sans heurts, une trentaine de fois par an, le gigantesque porte-avions Midway et ses 2.000 marines supplémentaires qui débarquent dans les rues de la cité portuaire. Yokosuka semble n'avoir cure des sondages actuels, selon lesquels de plus en plus de Japonais pensent qu'il est temps que les GI's quittent le territoire.

Les habitants se plaignent volontiers des marines ivres qui refusent de payer leur note de taxi, ou abîment les devantures des magasins. Ils hésitent en revanche à parler des incidents plus sérieux. Tutomo Hirosawa, président de l'Association des citoyens de Yokosuka, un militant antiaméricain, est l'un des rares à briser le silence dans lequel se réfugie une majorité de la population. Il confie qu'en 1993 une jeune fille a été violée par trois GI's à Yokosuka. L'affaire a été révélée par le Dayton Daily News. Mais contrairement à l'histoire très similaire d'Okinawa, elle n'a pas fait g

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