Le secret avait été bien gardé: tout le monde savait le Premier
ministre Tomiichi Murayama sur le départ, mais bien rares étaient ceux qui en connaissaient la date. Rien n'avait filtré et à peine achevées les fêtes du Nouvel An qui, au Japon, se terminent le 3 janvier, le Premier ministre Tomiichi Murayama, 71 ans, a brusquement annoncé sa démission vendredi. «J'ai passé ces journées de repos à observer les étoiles et le ciel bleu. Je suis arrivé à la conclusion que pour le bien du Japon, il était temps de passer le témoin à une équipe nouvelle», a dit celui à qui les Japonais avaient affectueusement donné le sobriquet de «grand-père»
Cette démission ne devrait pas ouvrir de crise politique, car la suite du scénario a été décidée depuis longtemps au sein de la coalition au pouvoir qui réunit le Parti socialiste, présidé par Murayama, le parti libéral-démocrate (PLD) et le petit parti centriste Sakigake. En effet, si Murayama s'en va, c'est pour céder la place à son vice-Premier ministre Ryutaro Hashimoto, 58 ans, également ministre du Commerce international et de l'Industrie le puissant Miti, et qui a la réputation d'un homme de caractère aux opinions nationalistes bien arrêtées.
Elu en septembre à la présidence du PLD, il piaffait d'impatience depuis plusieurs semaines et s'est déjà déclaré vendredi «prêt à assumer toutes ses responsabilités». Il n'avait pas manqué de montrer à plusieurs reprises que le vrai patron dans la coalition c'était lui, faisant largement étalage de




