Chaque année depuis 1989, Amnesty International tire la même
conclusion: «Le recours à la peine de mort est de plus en plus fréquent en Chine.» 1995 risque, à cet égard, d'être une année record dans ce pays où l'on exécute désormais aussi bien meurtriers et violeurs qu'escrocs, cambrioleurs, voleurs de voitures, braconniers, délinquants en col blanc ou petits trafiquants de devises.
Au cours des six premiers mois de 1995, l'organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres a recensé 1.865 condamnations à mort et 1.313 exécutions contre 2.783 condamnations et 2.050 exécutions pour l'ensemble de l'année précédente. Compte tenu du manque de transparence du système judiciaire chinois et de statistiques officielles, les chiffres sont considérés par Amnesty comme «en deçà du nombre réel». Le total annuel pourrait dépasser les 10.000.
Les derniers jours de 1995 ont été particulièrement fatals aux délinquants et criminels. 48 personnes ont été condamnées à mort ou exécutées entre les 27 et 29 décembre dans seulement six provinces, la plupart pour vol, meurtre et trafic de drogue. Entre fin octobre et fin décembre, la presse chinoise a rapporté plus de 200 peines capitales. La «traditionnelle» campagne pour le renforcement de l'ordre public avant la fête nationale, le 1er octobre, marquée chaque année par des centaines d'exécutions, s'est poursuivie à l'automne pour s'accélérer en décembre. Et la télévision nationale a montré ces dernières semaines un nombre impressionnant




