Pékin, de notre correspondante
Il est mort hier d'un arrêt respiratoire, affirme la direction de l'Hôpital des enfants de Pékin. Le petit garçon qui, le 30 décembre, avait été abandonné par ses parents dans le hall de l'hôpital s'est éteint officiellement, après onze jours d'agonie, au milieu de plus de trois cents médecins. Sans que personne ne connaisse son nom, son âge, ni même la nature exacte de sa maladie... Diagnostiqué «paralysé du cerveau», sans doute des séquelles d'une encéphalite, il avait été considéré comme «condamné par la nature» et laissé sans soins, le personnel de l'établissement devant parer à l'urgence de l'afflux de malades et au manque de moyens. Son corps a été immédiatement incinéré, et personne n'étant venu réclamer ses cendres, elles seront dispersées dans la mer. «C'est la tradition en Chine, et vous ne pouvez assister à la cérémonie car vous êtes étrangère et n'appartenez pas à sa famille», a précisé hier soir l'un des directeurs de l'hôpital.
La veille de sa mort, le petit garçon avait été vu par deux femmes occidentales qui s'enquéraient de sa condition. Le principe des visites bénévoles n'existant pas en Chine, la rencontre avait été autorisée «à titre exceptionnel et non renouvelable», après plusieurs heures de négociation. L'enfant avait alors été présenté dans un lit recouvert d'une couette, dans une chambrée propre, au milieu d'une dizaine d'autres petits malades. Les jambes recroquevillées, sans mouvement, mais ses yeux grands ouverts fixan




