Après deux jours de débat au Parlement pour vérifier si le
gouvernement de «techniciens» de Lamberto Dini dispose encore d'une majorité, la confusion règne en Italie. Le président du Conseil pourrait bien constater aujourd'hui qu'il n'a plus les voix nécessaires pour gouverner, mais rien ne l'oblige à confirmer la démission déjà présentée le 30 décembre au chef de l'Etat, qui l'avait refusée, renvoyant le gouvernement devant les Chambres. Le président du Conseil avait demandé aux députés de choisir entre trois solutions, afin de clarifier au plus vite le paysage politique: une large majorité, qui se dégagerait pour des réformes des institutions «avec la formation d'un nouveau gouvernement», un mandat accordé à un «gouvernement pour la durée du semestre de présidence» italienne de l'UE ou des élections anticipées. Mais aucun parti ne semble vouloir présenter une motion de censure, seul moyen pour vérifier l'existence d'une majorité.
C'est un jeu de rôle classique de la politique italienne, où ceux qui voudraient l'ouverture d'une véritable crise hésitent à la déclencher notamment pour ne pas en porter la responsabilité à l'égard de l'opinion publique. Silvio Berlusconi, ex-président du Conseil et magnat de l'audiovisuel, et ses alliés du centre-droit ont déposé des résolutions. Mais seule la confluence de tous les partis d'opposition sur une même motion de censure, sans aucune défection, pourrait donner le coup de grâce à cette équipe de techniciens qui gouverne depuis un an.




