Rome, de notre correspondant
En Lamberto Dini, le Premier ministre italien à nouveau démissionnaire qui jouait depuis mardi devant le Parlement son avenir politique, il y a quelque chose d'Edouard Balladur. L'un et l'autre étaient avant tout des «grands commis» propulsés par le hasard d'un «intérim» à un rôle politique de premier plan. «L'ex-ami de 30 ans» de Jacques Chirac comme le remplaçant-homme de paille de Silvio Berlusconi ont pris goût à leur fonction, profitant des circonstances pour s'y enraciner, évitant soigneusement d'affronter les vrais problèmes. Lamberto Dini aujourd'hui comme auparavant Edouard Balladur à Matignon gagnent, en somme, à être vus de loin. Les Américains, par exemple, ne jurent que par ce président du Conseil qui parle parfaitement anglais (cas rarissime pour un politicien italien) et qui a baigné dans la culture du Fonds monétaire international. Les Européens, eux, sont nettement plus circonspects. Les relations entre Dini et le chancelier Kohl sont cordiales, celles avec John Major tout juste courtoises. Avec Jacques Chirac, elles sont exécrables. En Italie enfin, Lamberto Dini reste avant tout le crapaud des caricatures, que le baiser d'une gauche «belle au bois dormant» a transformé en «prince charmant».
Quand, au début de l'année dernière, il est nommé président du Conseil, personne n'aurait parié une lire dévaluée sur ses capacités de survivre aux traquenards du microcosme politique transalpin. Son passé ne plaît guère. Des deux républiques




