Milan, envoyé spécial
«Silvio, tu es l'un des nôtres!» «Silvio, crève!» L'ambiance était électrique hier, au palais de justice de Milan, pour la première audience du procès qui voit Silvio Berlusconi, son frère Paolo et plusieurs dirigeants de l'empire financier Fininvest accusés d'avoir payé des pots-de-vin 300 millions de lires, 1 million de francs environ à des officiers corrompus de la Guardia di finanza, la police financière. La journée a été consacrée aux débats de procédure et l'on ne rentrera dans le vif du sujet que le 26 janvier. N'empêche, l'inculpé vedette était là: avec son éternel costume Caraceni, tout sourire, Silvio Berlusconi semblait avoir retrouvé tout son punch. L'ex-président de Fininvest a clamé haut et fort son innocence: «Je ne savais pas, a-t-il affirmé, ce que faisaient mes collaborateurs. La Guardia di finanza, c'est du racket, une association de malfaiteurs.»
En fait, l'ancien président du Conseil est conscient d'avoir engagé le duel final avec ces magistrats milanais qui le traquent sans cesse depuis sa décision d'entrer en politique. Parmi toutes les affaires dans lesquelles Berlusconi est impliqué, celle des tangenti (pots-de-vin) à la police financière est sans doute la moins dangereuse pour lui du point de vue pénal. Mais elle risque de peser très lourd sur l'actuelle crise politique et sur la carrière de Sua Emittenza, surtout si des législatives anticipées devaient se tenir bientôt. Berlusconi ne s'y est pas trompé, qui a employé l'artille




