La Chine a averti les États-Unis qu'elle avait l'intention de lancer
une attaque limitée contre Taiwan, selon un article publié hier dans le New York Times. Celle-ci pourrait intervenir dans les semaines qui suivront la première élection au suffrage universel direct du Président de l'île, le 23 mars, à en croire les sources du journal. Pékin a démenti ces informations le jour même, tandis que Taiwan a appelé Washington à lui fournir de l'armement. L'actuel président taiwanais, Lee Teng-hui, sera vraisemblablement réélu, et c'est «son comportement dans les semaines qui suivront sa réélection» qui détermineront si les leaders du Parti communiste chinois décideront d'agir «par des moyens militaires directs» pour changer son comportement. Cet avertissement aurait été donné à l'ex-secrétaire adjoint à la Défense, Chas Freeman, cet hiver à Pékin. Ses interlocuteurs lui auraient précisé que l'armée chinoise s'était préparée à déclencher une attaque de missile par jour pendant trente jours. Un universitaire américain s'est également vu prié par Pékin de transmettre un avertissement semblable, selon le journal. Un responsable américain a néanmoins démenti posséder la moindre preuve que Pékin envisage une frappe directe contre l'île, où se sont réfugiées les forces nationalistes lors de la victoire communiste, en 1949. L'île est depuis de facto indépendante, et Pékin soupçonne le président Lee de vouloir formaliser cette indépendance, ce qui constituerait un casus belli pour Pékin, qui




