Tokyo,
de notre correspondante Le procès de trois marines américains, accusés du viol d'une Japonaise de 12 ans en septembre dernier, est entré hier dans sa phase finale avec le réquisitoire du procureur, qui a réclamé contre eux «dix ans de prison ferme avec travaux forcés». Il y a de fortes chances qu'il soit suivi par le collège de trois juges qui rendra son verdict le 7 mars. Il n'existe pas de jury populaire au Japon, mais cela fait longtemps que la population d'Okinawa, cette île du sud de l'archipel qui abrite les plus importantes bases américaines d'Asie, a «jugé» les trois Américains.
La présence massive des soldats US est source de frictions permanentes avec la population locale mais est devenue également un enjeu de politique intérieur. Sous la pression du public, le gouvernement a engagé une négociation avec les Etats-Unis pour revoir certaines modalités du stationnement des forces américaines sur le territoire japonais. Mais il n'est pas question, officiellement, de négocier une révision de leur statut ni de demander une réduction de la présence militaire américaine. Dans plusieurs entretiens avec la presse japonaise avant sa visite aux Etats-Unis il y a une semaine, le ministre des Affaires étrangères, Yukihiko Ikeda, a exclu ces deux hypothèses.
Le procureur de Naha a souligné le caractère odieux du viol, «un acte soigneusement préparé», a-t-il dit.
Les trois marines avaient emmené de force la gamine dans leur voiture, un véhicule qu'ils avaient loué peu de temps




