Giancarlo Zizola appartient au petit monde discret des vaticanistes
italiens qui scrutent avec gourmandise les froufrous des éminences romaines. A ce titre, l'atmosphère de fin de règne du Vatican lui vaut le statut de pythie. «Voilà des mois qu'on me pose toujours la même question: quel sera le prochain pape?...» Son dernier livre, le Successeur (1), viole un tabou en portant sur la place publique le débat feutré agitant les cardinaux sur l'après-Jean Paul II.
Si l'auteur ne cache pas sa préférence le jésuite Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, qui incarne l'aile gauche des prélats italiens , l'ouvrage se garde de toute prédiction assurée. Le propos montre au contraire que les voies du Seigneur restent impénétrables quand il s'agit du trône de Saint-Pierre. Bien que 80% de cardinaux électeurs aient été nommés par le pape, «l'histoire des conclaves montre la liberté du Sacré Collège, rappelle le journaliste. C'est peut-être le seul moment où le Saint-Esprit a la possibilité de souffler...»
Pour autant, Zizola estime que l'actuel pontificat sera historique dans la mesure où Jean Paul II a poussé la fonction papale au stade ultime de la médiatisation planétaire. «C'est le dernier monarque de l'Eglise. Le problème numéro 1 du Vatican n'est pas la maladie du pape, mais celle du système. Celui d'un souverain pontife totalisant toute l'Eglise avec une charge exorbitante.» Le retour à un fonctionnement démocratique est la «condition minimale» pour que l'Eglise catholique puis




