Les Etats-Unis prennent au sérieux les récents bruits de bottes dans
le détroit de Taiwan. Le secrétaire américain à la Défense, William Perry, s'est inquiété hier des «menaces militaires» que fait peser la Chine sur Taiwan. Cet avertissement américain est le plus explicite depuis le regain de crise entre l'île nationaliste et la Chine, l'été dernier. Des informations parues dans la presse chinoise de Hong-kong, hier et mardi, font état de l'imminence de manoeuvres militaires chinoises (dès samedi selon une source), de la présence de 60.000 soldats chinois sur les côtes du Fujian faisant face à Taiwan, voire de l'intention chinoise d'y masser 400.000 hommes...
«L'éventualité d'une confrontation militaire entre la Chine et Taiwan n'est pas perceptible pour le moment», a estimé William Perry. Mais Washington, qui se porte garant de la sécurité de Taiwan au terme du Taiwan Relations Act (1979), s'inquiète selon lui «des manoeuvres militaires peu subtiles auxquelles se livre la Chine pour menacer Taiwan, et tenter d'influencer les élections» (les premières élections au suffrage universel du président taïwanais, prévues pour le 23 mars). Le président de l'île, Lee Teng-hui, qui sera vraisemblablement réélu, souhaite renforcer l'indépendance de fait dont jouissent les 22 millions d'habitants, au détriment d'un rapprochement politique devant aboutir à une réunification avec la Chine continentale.
Un autre haut responsable américain a encore fait savoir mardi que toute agression de la




