Rome, de notre correspondant
La tâche du président du Conseil pressenti, Antonio Maccanico, de former en Italie un gouvernement soutenu par la droite et la gauche se complique, malgré l'accord de principe initial entre les trois grands partis (Alliance nationale, Forza Italia et le PDS) pour un certain nombre de réformes constitutionnelles, dont l'élection du chef de l'Etat. L'ex-néofasciste Gianfranco Fini, leader d'Alliance nationale, exige l'introduction en Italie d'un système directement inspiré de celui de la Ve République française. L'ex-communiste Massimo d'Alema, qui dirige le PDS (Parti démocratique de la gauche), doit ménager sa base et ses alliés «verts» ou catholiques hostiles à un excessif renforcement de l'exécutif. Il s'élève donc contre les requêtes de Fini, estimant qu'il appartient au Parlement de choisir le système garantissant la stabilité du pays. Sujet tabou pendant des décennies, le «semi-présidentialisme» à la française est aujourd'hui au coeur du débat politique transalpin.
Du présidentialisme il en fut question à la Libération, au moment d'écrire l'actuelle Constitution. Le Parti d'action, d'inspiration laïque-libérale, qui avait joué un rôle très important dans la Résistance, était pour l'élection directe du chef de l'exécutif. Il fut aussitôt marginalisé puis balayé par un compromis entre catholiques et communistes. «Nous étions des imbéciles en pensant que de Gaulle était fasciste, répétait souvent mon père», raconte Giuliano Ferrara, ex-communis




