Rome,
de notre correspondant «La complicité entre magistrats, c'est fini. Maintenant commence le règlement des comptes»: le président de la commission justice de la Chambre des députés, Tiziana Maiolo, résume ainsi le changement qui investit l'appareil judiciaire transalpin. Par trois fois en l'espace d'une semaine, des magistrats, et non des moindres, ont été désavoués par leurs supérieurs hiérarchiques ou appelés à répondre d'éventuels abus de pouvoir. Lors des négociations pour la formation du nouveau gouvernement, les principaux leaders auraient aussi beaucoup parlé des problèmes de la justice. Ils seraient tombés d'accord sur la nécessité d'une réforme ainsi que sur la recherche d'une solution politique pour les procès à venir, où sont impliqués des leaders d'hier et quelques-uns de ceux d'aujourd'hui, dont Silvio Berlusconi. Le contexte est donc en train de changer: l'opinion semble finalement se retourner contre les magistrats, notamment contre les procureurs.
A Florence, se tient ainsi devant la cour d'assises le procès en appel de Pietro Pacciani, accusé d'être l'auteur de quatorze des seize crimes attribués au «monstre de Florence» et condamné à perpétuité en 1995. Mais, dès le début de l'audience, le procureur général Piero Tony a créé la surprise en démontant le verdict précédent et en dénonçant les lacunes de l'instruction menée par le procureur Pier Luigi Vigna, un magistrat notamment connu pour ses enquêtes contre le terrorisme d'extrême droite et ses liens av




