Tokyo,
de notre correspondante Le gouvernement japonais a reconnu ce week-end qu'il était au courant, dès 1983, des risques de contamination du virus du sida par des produits sanguins non chauffés, mais qu'il n'a rien tenté pour stopper leur diffusion. Cette volte-face bien tardive du ministère de la Santé japonais marque sans doute la fin d'une longue bataille pour les quelque 200 hémophiles contaminés qui avaient attaqué l'Etat pour négligence. Jusqu'à ce jour, les autorités avaient nié toute responsabilité dans la tragédie.
«Le ministère de la Santé savait, dès 1983, que les produits sanguins non traités étaient dangereux.» Ministre de la Santé depuis moins d'un mois, Naoto Kan n'a pas hésité, lors d'une conférence de presse impromptue, à désavouer ses prédécesseurs, ce qui est rare au Japon. Dès sa nomination, le nouveau ministre avait ordonné une enquête approfondie dans les archives du ministère pour vérifier si, comme le prétendaient les hémophiles, l'administration connaissait les dangers des produits non chauffés. Comme par miracle, trois jours plus tard, on découvrait plusieurs documents prouvant que le ministère n'ignorait rien dès cette époque. Condamnée à deux reprises à verser des indemnités aux victimes, l'administration avait toujours démenti l'existence de ces documents. Elle s'en tenait toujours à la même version, à savoir que le danger des transfusions de produits non chauffés n'a été connu avec certitude qu'en 1985.
En 1983, un groupe de travail constitué




