Phnom Penh, envoyé spécial
La gendarmerie cambodgienne serait-elle à la dérive? Formée depuis 1994 par la France, elle semble pour le moins sur une mauvaise pente. «Il y a une aggravation. De plus en plus de gendarmes se distinguent par des cas d'abus, de viols, de détention illégale, d'extorsion, de torture, de trafic de drogue et de meurtre», constate un enquêteur des droits de l'homme basé à Phnom Penh. Au cours du seul mois de janvier, une tentative d'assassinat et un meurtre de sang-froid sont à mettre sur le compte de ces unités, qui inspirent aux Cambodgiens davantage la peur que le respect. Des crimes souvent «couverts» par la hiérarchie cambodgienne.
Il y a deux semaines, le chef de l'unité de police antidrogue de Koh Kong, Ky Kângrey, a été tabassé par une demi-douzaine de gendarmes en uniforme. Hospitalisé à Phnom Penh, il est aujourd'hui entre la vie et la mort. «Les gendarmes, explique une source informée, lui en voulaient car ce policier avait participé à la destruction de plantations de marijuana qu'ils étaient censés protéger pour le compte d'un trafiquant.» L'impunité, pour les gendarmes, semble être la règle. «Le procureur de Koh Kong a émis un mandat d'arrêt à l'encontre des responsables, mais le commandant local de la gendarmerie a bloqué la procédure.»
Le 3 janvier, c'est le numéro deux de la police antidrogue du Cambodge, le colonel Long Sopharith, qui a été abattu, dans l'exercice de ses fonctions, dans un bar de la rue 105 de Phnom Penh, par un instruct




