La vague de défections qui frappe actuellement le régime communiste
nord-coréen, en proie à d'importantes difficultés économiques, a pris un tour violent hier. Un Nord-Coréen armé exigeant l'asile politique s'est réfugié dans la représentation commerciale située dans l'ambassade russe de la capitale nord-coréenne, Pyongyang. Trois plantons coréens de la chancellerie ont été tués après un échange de tirs avec le transfuge, selon l'agence Itar-Tass. Moscou a autorisé des responsables nord-coréens à pénétrer dans l'ambassade pour mener des négociations avec l'inconnu. Craignant pour sa sécurité, le transfuge exige la présence en permanence d'au moins un des employés russes de l'ambassade. Agé d'environ 25 ans, il menacerait de se suicider si on lui refuse l'asile politique. Alors que le programme alimentaire mondial fait état d'une famine frappant le pays, les cas de Coréens du Nord, notamment des membres de la nomenklatura, faisant défection se sont multipliés ces derniers mois. Un symptôme, selon le chercheur Pierre Rigoulot, qui vient d'enquêter sur ce sujet en Corée du Sud, de «l'état de décomposition du régime». «Jamais nous n'avions eu de signes aussi nets», juge-t-il.
Le cas de défection le plus spectaculaire concerne Sung Hye-Lim, une ex-épouse de Kim Jong-Il, l'actuel leader nord-coréen. L'ancienne actrice, âgée de 59 ans, qui a vécu treize ans à Moscou avant de s'installer en Suisse, est également la mère du fils aîné du leader. Elle aurait faussé compagnie à ses garde




