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Le Viêt-nam fait sa révolution culturellePour lutter contre «l'impérialisme», le PC interdit les enseignes étrangères.

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Publié le 17/02/1996 à 1h11

Bangkok, de notre correspondant Depuis le 1er février, les villes vietnamiennes ont des allures méconnaissables. A Hanoi, les logos Fuji ou Kodak des échoppes photo qui entourent le lac Hoan Kiem sont recouvertes de sacs en plastique. Idem pour les logos Toshiba ou Samsung des magasins d'électroménager et de hi-fi de la rue Hai Ba Trung. Et les restaurants ou hôtels aux appellations occidentales, comme Sunrise, Lotus ou Boss, ont dû scotcher du papier journal sur leurs enseignes lumineuses. Les stations d'essence Esso ou BHP ont fait de même... En moins d'une semaine, tout Hanoi a été dépouillé des enseignes vantant les produits d'importation.

Les CD de Madonna ou des Rolling Stones, les cassettes vidéo d'Hollywood ou encore les revues de charme importées illégalement sont autant de «germes d'infection culturelle» potentiellement déstabilisateurs pour le Viêt-nam communiste, estiment ses dirigeants, qui ont décrété une campagne contre ces «phénomènes négatifs». Une opération aux relents xénophobes qui a atteint son paroxysme avec l'interdiction dans tout le pays des enseignes aux dénominations étrangères.

La mise à l'index des symboles du capitalisme est à mettre en rapport avec le prochain congrès du Parti communiste vietnamien (PCV), prévu en juin 1996 et qui portera sur le bilan des réformes économiques engagées en 1986 et appelées doi moi (littéralement «faire du neuf»). Le congrès devra également entériner une relève de la direction du PCV. Elu secrétaire général en 1991,

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