Rome, de notre correspondant
Pour la première fois, l'ex-magistrat italien Antonio Di Pietro comparaissait hier devant un tribunal en tant qu'inculpé. L'ex-commissaire de police devenu le juge symbole de «Mains propres», qui a balayé le Parti socialiste de Bettino Craxi et une bonne partie de la classe politique, se retrouve désormais de l'autre côté de la barre. Le juge des enquêtes préliminaires de Brescia doit décider du renvoi en jugement de Di Pietro pour corruption: selon les procureurs Salomone et Bonfiglio, qui ont enquêté plus d'un an, l'ancien magistrat aurait essayé de sous-traiter l'informatisation du palais de justice de Milan à une société de service créée par l'un de ses anciens collaborateurs.
Ce n'est toutefois que le premier épisode du feuilleton judiciaire impliquant Di Pietro qui conditionne lourdement la situation politique italienne. Jusqu'à ce jour, l'ancien magistrat a été mis en examen pour neuf affaires. On lui reproche, entre autres, d'avoir abusé de son influence pour obtenir des prêts sans intérêts par un assureur susceptible d'être impliqué dans une enquête judiciaire et d'avoir collecté de l'argent pour rembourser les dettes de jeu d'un ami: des péchés somme toute véniels dans l'Italie des scandales mais qui deviennent très lourds quand on est substitut d'un procureur de la République. Quand Di Pietro avait annoncé par surprise, en décembre 1994, son intention de quitter la magistrature, ils étaient nombreux à lui prédire un brillant avenir pol




