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Portrait

Le héraut de «l'Amérique d'abord»Dans ses meetings, Buchanan se défoule contre Washington et l'ONU.

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Publié le 22/02/1996 à 0h58

Portsmouth, envoyé spécial

«Go Pat, go!» (Allez Pat, allez!) scande la foule compacte rassemblée dans la salle chauffée à blanc à l'arrière d'un restaurant. Pour les supporters de Pat Buchanan, ce slogan est plus qu'un cri de ralliement: c'est aussi, par sa simplicité triviale, le meilleur symbole de la campagne d'un candidat qui ne s'embarrasse guère de circonvolutions et dont le succès ne repose ni sur la finesse de ses positions ni sur la complexité de sa rhétorique.

Pat Buchanan, l'homme qui, lors des primaires de 1992, avait déjà créé la surprise en ramassant 37% des voix républicaines dans le New Hampshire face à George Bush, a trouvé avec Bob Dole une nouvelle cible parfaite pour son message. Comme en 1992, quand il faisait campagne contre l'hôte de la maison blanche, lorsqu'il s'en prend cette fois au sénateur Dole, il transforme chacun de ses meetings en défoulement collectif contre Washington: ses refrains de campagne sont de longs coups de gueule, auxquels répondent dans la foule des échos ravis. Les motivations des petits patrons en colère et des ouvriers mécontents qui se pressent dans ses meetings sont diverses, mais tous se retrouvent dans son programme fourre-tout, où il est question de placer l'«Amérique d'abord», de fermer les frontières aux produits importés, de renvoyer les immigrants illégaux et de stopper les flux nouveaux, d'empêcher les multinationales de délocaliser et de rétablir les prières dans les écoles.

«Il est temps pour nos concurrents étrangers

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