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Cambodge: le demi-frère du roi condamné pour complot. Le prince est accusé d'avoir voulu tuer Hun Sen.

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Publié le 23/02/1996 à 0h52

Le prince Norodom Sirivudh, demi-frère du roi du Cambodge Norodom

Sihanouk et ex-ministre des Affaires étrangères, a été condamné hier in absentia à dix ans de prison par le tribunal municipal de Phnom Penh. Le prince, qui a clamé son innocence depuis son exil en France, a été condamné pour «conspiration criminelle» et «possession illégale d'armes» dans un tribunal protégé par des policiers antiémeutes et des militaires fortement armés. Ex-secrétaire général du Funcinpec, le parti royaliste qui a remporté les élections organisées par les Nations unies (mai 1993), le prince est entre-temps devenu l'une des personnalités les plus critiques du régime, aujourd'hui à nouveau contrôlé par les ex-communistes.

Fin novembre 1995, le prince avait été assigné à résidence puis emprisonné quelques jours après avoir été accusé par l'homme fort du Cambodge, le co-Premier ministre Hun Sen, d'avoir «tenté de l'assassiner». Le roi Sihanouk, dans une lettre à Hun Sen qui a choqué nombre de ses compatriotes par son ton flatteur et déférent, a obtenu son exil en France le 21 décembre dernier. Ni le prince ni son épouse Christine, une Française qui réside, elle, à Phnom Penh, n'ont jugé bon de se rendre au tribunal, en raison des «menaces de mort» qu'ils disent avoir reçues s'ils s'y rendaient. Le 12 février, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International avait aussi fait part de ses craintes devant les menaces de mort proférées à l'encontre du prince Sirivudh s'il rentrait

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