Le juge des enquêtes préliminaires de Brescia a décidé jeudi que
l'ancien procureur, figure de proue en Italie de la lutte contre la corruption, ne sera pas jugé «pour concussion et abus d'influence». Le tribunal a en effet estimé qu'aucune preuve ne permet d'affirmer que Di Pietro aurait essayé de faire adjuger le marché de l'informatisation du palais de justice de Milan à la société de service créée par l'un de ses anciens collaborateurs. Le débat a été houleux: l'ancien procureur a été interrogé pendant sept heures et, plusieurs fois, on l'a entendu crier. Au moment où la tension était la plus forte, «Tonino» a même cassé la chaise sur laquelle il était assis.
Le parquet de Brescia envisage de faire appel, mais Di Pietro a sans conteste gagné ce premier round et marqué un point décisif. Sa victoire est aussi celle du pool des magistrats de «Mains propres». La voie d'un prochain engagement en politique de l'ancien magistrat s'est un peu dégagée, même si Di Pietro, par la bouche de son porte-parole, a voulu calmer les enthousiasmes des ses nombreux partisans. En effet, d'autres chefs d'inculpation restent suspendus au-dessus de la tête de l'ancien magistrat, notamment pour une histoire de prêt sans intérêt accordé par un assureur douteux, impliqué dans des enquêtes judiciaires. Le juge des enquêtes préliminaires devra se prononcer sur ces affaires les 26 février et 6 mars. En attendant, chacune des deux principales coalitions table sur le ralliement de l'ancien magistrat po




