Aucun expert ne croit réellement à une invasion de Taïwan par la
Chine dans l'immédiat. Beaucoup y voient une sorte de «guerre des nerfs», un théâtre d'ombres virtuel où Pékin jouerait à faire peur à Taiwan pour la faire revenir sur le chemin de la «réunification» un objectif auquel le gouvernement nationaliste cherche à échapper depuis deux ans. Pékin en veut pour preuve la «diplomatie parallèle» de Taipeh, qui tente de se faire reconnaître par la communauté internationale et l'ONU.
«La Chine n'a pas intérêt à se lancer maintenant dans une agression militaire contre Taiwan, en raison des implications économiques pour la région et pour la Chine elle-même qui accueille beaucoup d'investissements taïwanais, surtout un an et demi avant le retour de Hong-kong sous souveraineté chinoise», juge Bob Hall, rédacteur en chef de la Janes Intelligence Review de Londres. Mais les spécialistes estiment que le risque existe tout de même, à court ou moyen terme. «Washington est très inquiet, affirme Bob Hall, mais, publiquement, tente de minimiser la situation.» Les Etats-Unis, explique Gerald Segal, de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres, «sont en train de renforcer leur potentiel militaire dans la région depuis décembre en raison de la montée de la tension entre la Chine et Taiwan». Il rappelle aussi que les Américains ont envoyé le porte-avions USS Nimitz dans le détroit de Taiwan en décembre, pour la première fois depuis dix-sept ans, afin d'avertir Pékin




