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«On est tous chinois, hein! On ne va pas se battre!»La tension avec Pékin inquiète la population de Taipeh.

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Publié le 14/03/1996 à 2h45

Taipeh, envoyée spéciale

«Pourquoi ne tirent-ils pas leurs missiles sur Taipeh? Je n'attends que cela: les prix de l'immobilier baisseraient et je pourrais enfin acheter mon appartement!» Andrew Yang, courtier d'une trentaine d'années à la Bourse de Taipeh, essaye de faire de l'humour en grimaçant un sourire, mais le coeur n'y est pas. Hier matin, un nouveau missile chinois, chargé à blanc, s'est écrasé au large de Kaoshiung, le pôle économique de Taiwan, dans une cible préétablie par l'armée populaire pour ses exercices d'«intimidation» à l'approche de l'élection présidentielle dans l'île nationaliste que le régime communiste veut réunifier à la mère patrie. «Environ 150.000 hommes et 300 avions de combat répartis sur 11 aéroports ont été massés dans la province chinoise du Fujian», face à Taiwan, a rapporté hier le chef de l'agence de défense japonaise, Masahiro Akiyama, signalant également 5 frégates, 4 sous marins et 1 vaisseau antimissile chinois dans le détroit. Pour l'instant, la Chine reste dans une logique d'exercices, mais les experts militaires occidentaux redoutent un dérapage ou une surenchère, alors que les Etats-Unis déploient une partie de la 7e flotte aux abords de Taiwan.

Les Taiwanais, qui s'étaient montrés optimistes au cours des huit derniers mois de crise avec le continent, sont désormais inquiets. «C'est paradoxal, explique Cristina Luo, une femme d'affaires de 36 ans, l'entrée en scène de la 7e flotte, à la fin de la semaine dernière, m'a fait réaliser

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