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Libération

Bras de fer Nord-Sud sur les droits de l'homme à l'ONULa Chine et le Nigeria font le forcing auprès des pays du tiers monde pour éviter une condamnation.

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Publié le 21/03/1996 à 2h28

Genève,

de notre correspondant Après trois jours d'une réunion qui se prolongera six semaines, les premiers signaux de la 52e commission des droits de l'homme de l'ONU sont inquiétants. Dans ce forum très politique où 53 gouvernements sont représentés, les pays d'Asie et d'Afrique semblent déterminés à dicter de nouvelles règles du jeu, alors que l'Union européenne est sur la défensive. Ainsi, mardi, le ministre suédois Nils Eliasson, qui était en train de critiquer la Chine pour ses violations des droits de l'homme, s'est fait brutalement interrompre par le délégué de Pékin, qui a demandé au ministre suédois «de s'abstenir de critiquer un pays en particulier». Une première dans l'histoire de la commission, que les Chinois accusent «d'être un tribunal du Nord qui a mis les pays du Sud au ban des accusés».

Hier matin, c'était au tour du représentant du Nigeria de demander qu'aucun pays ne soit condamné sans un consensus général. Cette proposition a été rejetée, mais elle témoigne de la remise en cause de l'universalité des droits de l'homme. Claude-Adrien Zoller, directeur du service des droits de l'homme, estime: «C'est la première fois que les pays afro-asiatiques font preuve d'une telle détermination. Après le conflit Est-Ouest, nous voilà aujourd'hui dans un bras de fer Nord-Sud.»

Les Européens apparaissent en retrait sur les années précédentes, alors qu'ils sont, avec les Américains, le traditionnel moteur de la Commission. Ainsi, sur les violations des droits de l'homme e

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