Assiégée depuis octobre par les taliban, ces miliciens islamistes qui tentent depuis plus d'un an de renverser les forces loyales au président Burhanuddin Rabbani, Kaboul a encore hier fait les frais de la guerre que se livrent les nombreuses factions afghanes. Dix-huit habitants de la capitale ont été tués et seize blessés par plusieurs obus, dont l'un s'est écrasé au centre-ville. Deux jours plus tôt, l'aviation des fidèles du président Rabbani avait bombardé les positions des taliban, faisant 40 morts. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis le 2 janvier. Une salve de roquettes, tirée depuis les positions des taliban, retranchés au sud de la ville, avait alors fait 21 morts. Les taliban, qui disposent du soutien du Pakistan, semblent être également à l'origine du tir meurtrier de dimanche.
Outre la démission du président Rabbani, les taliban exigent l'instauration d'un régime islamique en Afghanistan. Des discussions sont en cours entre les principaux protagonistes de la guerre civile mais les taliban ont jusqu'à présent refusé tout compromis avec les anciens moudjahidin qu'ils tiennent pour responsables de l'anarchie dans laquelle a basculé l'Afghanistan après la chute du régime communiste (avril 1992). Les taliban se sont emparés sans coup férir depuis plus d'un an des provinces pachtounes du sud du pays à l'instigation des services secrets pakistanais (ISI), affirme le commandant Ahmed Shah Massoud. Islamabad dément pour sa part toute ingérence. Ce héros d




