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Libération
Enquête

La Soka Gakkai infiltre la politique japonaise

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Sous couvert de religion, la riche organisation poursuit une stratégie de conquête du pouvoir

ParFrédérique AMAOUA
Tokyo, de notre correspondante
Publié le 26/03/1996 à 2h17, mis à jour le 26/03/1996 à 2h17

«Nous n'avons pas de rôle politique», «nous sommes pour la paix dans le monde»... L'image bienveillante que veut donner d'elle-même la secte bouddhique japonaise Soka Gakkai (littéralement: société pour la création de valeurs), surtout à l'étranger, s'accommode mal d'une réalité japonaise plus complexe. Ici, la richissime organisation est au coeur d'un débat enflammé: «A la peur des rouges, thème favori du Parti libéral-démocrate (PLD, le parti dominant au Japon, ndlr) pendant la guerre froide, a succédé la peur de la Soka Gakkai», résume un bon connaisseur de la vie politique locale.

La virulence des attaques dont fait l'objet la Soka Gakkai traduit l'existence d'un malaise face à l'organisation bouddhiste la plus puissante du Japon (ses biens sont estimés à une centaine de milliards de dollars). La Soka Gakkai revendique plus de 8 millions de fidèles dans l'archipel (selon certains experts, ils seraient, en fait, moitié moins nombreux), plus un million à l'étranger, avec des antennes dans plus de 70 pays, y compris la France. Elle possède, entre autres, un quotidien, le Sheikyo Shimbu (plus de 5,5 millions d'exemplaires), et sa propre université, Soka Daigaku. La politique? La Soka Gakkai a commencé à s'y intéresser dès le milieu des années 50 en présentant ses candidats aux élections locales. En 1964, elle fonde même son propre parti, le Komeito, le «parti du gouvernement propre». Récemment, ce dernier comptait 52 représentants parmi les 511 députés siégeant à la Diète, ai

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