La France brade ses principes sur les droits de l'homme pour faire
des affaires avec la Chine et tente de convaincre l'Union européenne (UE) d'en faire autant: c'est l'accusation de plus en plus ouverte lancée par plusieurs associations représentées aux travaux de la Commission des droits de l'homme des Nations unies à Genève, où des opérations en coulisse sont en cours pour permettre à la Chine d'échapper à une condamnation. Ces manoeuvres semblent avoir abouti hier. Le ministre italien des Affaires étrangères, Susanna Agnelli, a déclaré à l'issue du sommet européen de Turin que L'UE avait décidé de présenter, «avec les Etats-Unis», une déclaration demandant à la Chine de faire des progrès «d'ici à l'an prochain» sur la question des droits de l'Homme. En donnant un sursis à la Chine, l'UE et les Etats-Unis semblent donc renoncer cette année à une condamnation franche et directe de Pékin à Genève. La Commission, jusqu'alors soutenue par l'Union européenne (UE) au complet, essaie depuis 1990 de sanctionner la Chine pour ses violations flagrantes des droits de l'homme. Détentions arbitraires, tortures, nombre croissant de prisonniers politiques: année après année, ces violations s'aggravent, selon les rapports circonstanciés de toutes les organisations observant la Chine sur ce plan. L'an dernier, le gouvernement de Pékin à échappé à une voix près à un projet de résolution mettant la Chine sur la sellette devant les Nations unies.
Cette année, il ne faisait guère de doute qu




