Rome,
de notre correspondant Il faisait encore nuit quand Mohamed, Somalien, est allé prendre sa place devant le commissariat de son quartier et déjà une centaine de personnes y faisaient la queue. Il a attendu douze heures avant d'en sortir l'air triomphal, la photocopie de sa demande de permis de séjour en main. La scène s'est répétée un peu partout ce week-end en Italie, où expirait, dimanche soir à minuit, le délai fixé par le gouvernement pour que les clandestins en possession d'une déclaration de leur employeur puissent de-mander un titre de séjour régulier.
La ruée des derniers jours a pris de court les autorités qui n'avaient pas mis en place de dispositif particulier. Parfois, une poignée de policiers s'est trouvée face à des centaines de postulants, comme sur la via Cassia, à Rome, connue pour être la «cité des femmes de ménage». Une circulaire du chef de la police demandant aux policiers aux guichets de faire preuve de patience et de courtoisie ne semble pas avoir été trop suivie. Tout comme le conseil d'accueillir toutes les demandes, quitte à les sélectionner après.
Au ministère de l'Intérieur, on estime à 150.000 les demandes parvenues dans les délais, pour un total estimé à 600.000 immigrés clandestins. Le nombre de ceux qui ont répondu à l'offre du gouvernement est d'autant plus important que les amicales des travailleurs étrangers ainsi que les associations italiennes de défense des immigrés étaient restées sur leurs gardes et avaient souvent conseillé de ne pa




