La plus grosse affaire de corruption de l'histoire de la Chine communiste, d'un montant de 18,3 milliards de yuans (11 milliards de francs), va être jugée «prochainement», a annoncé hier le président de la Haute Cour de Pékin, Sheng Liangang. Dix-huit personnes sont actuellement inculpées. Mais la plus haute personnalité impliquée dans ce gigantesque détournement de fonds publics, l'ex-maire et secrétaire général du Parti communiste de la municipalité de Pékin, Chen Xitong, a toutes les chances d'échapper aux poursuites judiciaires, a affirmé à Libération une source informée à Pékin. Le numéro 1 chinois, Deng Xiaoping (91 ans), aurait en effet parlé en faveur de Chen Xitong en évoquant ses «contributions» importantes au PC.
Chen Xitong, qui faisait partie du puissant bureau politique du PC, a soutenu totalement l'écrasement du mouvement étudiant par l'armée en plein coeur de la capitale, en juin 1989. Chen fut également le directeur de la campagne pour la candidature de Pékin aux Jeux olympiques de l'an 2000, qui s'est soldée par un échec, en 1993. Il a été interpellé en avril 1995, placé en résidence surveillée, puis démis de ses fonctions au politburo en septembre dernier (voir Libération du 9 novembre 1995).
Détail significatif: l'agence semi-officielle Nouvelles de Chine, qui citait le procureur général du parquet municipal, s'est abstenue de préciser si Chen Xitong figurait parmi les accusés. Elle a simplement indiqué que le tribunal est prêt pour juger ce qu'il appelle




