Le régime communiste nord-coréen a annoncé jeudi qu'il ne
reconnaîtrait plus la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées. Les soldats du Nord ont aussitôt commencé à ignorer certaines règles régissant l'accord d'armistice conclu en 1953 pour mettre fin à la guerre de Corée (1950-53). Depuis vendredi, ils ne portent plus les brassards d'identification qui permettent aux deux parties de contrôler les déplacements de troupes de part et d'autre de ce no man's land de 4 kilomètres qui sépare les deux pays, toujours techniquement en guerre. Le commandement de l'ONU en Corée du Sud a estimé que l'attitude de l'armée à Pyongyang est «ambiguë» et «clairement dangereuse». Yang Hyong Sop, le président de l'Assemblée suprême du peuple du Nord, a prévenu dans la presse officielle que «le problème est de savoir quand la guerre éclatera. Il n'y a pas à se demander si cette guerre éclatera». Il a réitéré les accusations du Nord, affirmant que le Sud cherche à envahir le Nord.
Le régime nord-coréen, toujours prompt à raviver sa rhétorique de la confrontation, paraît vouloir forcer les Etats-Unis à conclure un traité de paix bilatéral. Washington s'est toujours refusé à une paix séparée, enjoignant Pyongyang d'entreprendre des négociations avec Séoul. Les Etats-Unis qui maintiennent 37.000 soldats dans le Sud n'envisagent pour eux-mêmes qu'un rôle de facilitateur. Or le dialogue officiel Nord-Sud est au point mort depuis juillet 1994, et Pyongyang exige du Sud des «excuses pour se




