L'armée nord-coréenne a violé par trois fois ce week-end l'armistice
en vigueur depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53). Quelque 180 soldats nord-coréens, équipés d'armes lourdes, sont entrés hier dans la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, contrevenant ainsi à l'accord d'armistice, qui interdit la présence simultanée de plus de 35 soldats et officiers et d'armes lourdes dans cette «zone de sécurité conjointe». Il s'agissait de la troisième incursion en trois jours. Ces incursions ont conduit les autorités militaires sud-coréennes à ordonner vendredi un état d'alerte spécial. Elles ont donné l'ordre à la 1e division, déployée le long des 243 kilomètres de la DMZ, de se tenir prête à intervenir et, si nécessaire, à ouvrir le feu.
Qualifiées de «très graves violations» par le représentant des Nations unies, ces gesticulations ne semblent toutefois pas constituer une menace immédiate pour la tranquillité du Sud. «La direction conjointe et alliée ne voit aucune autre preuve de mouvements de troupes ou d'autres actions militaires qui pourraient suggérer une menace imminente», a affirmé le commandement des Nations unies.
Il s'agirait davantage d'une manière, pour Pyongyang, d'affirmer ses positions afin de contraindre les Etats-Unis à négocier. La visite du président américain Bill Clinton en Corée du Sud, programmée pour la mi-avril, n'est vraisemblablement pas étrangère à cette montée au filet. Pyongyang avait utilisé cette stratégie de la provocation en 1994,




