Rome, de notre correspondant La presse italienne s'était inventé un nouveau «monstre», un tueur en série présumé de prostituées qui avait promis de défier les policiers à de meurtrières parties d'échecs. Mais l'amateur du damier noir et blanc n'était finalement qu'un timide quinquagénaire, gavé de mauvais polars. Un mythomane incapable de tuer, selon les enquêteurs. Et un piètre joueur d'échecs. La psychose d'un nouveau serial killer s'était abattue sur la ville d'Ancône, dans les Marches, région du centre sur la côte adriatique, il y a quelques semaines, quand les carabinieri avaient reçu une lettre anonyme. L'auteur les conviait à un tournoi d'échecs en quatre parties et annonçait son premier mouvement avec les blancs: b2 en b3. En cas de victoire, il promettait de tuer quatre prostituées. Les enquêteurs auraient volontiers classé le dossier si la lettre anonyme ne revendiquait aussi le meurtre d'Anna Maria, tuée de dix-sept coups de couteau le 8 février. Une jolie brune aux yeux verts qui faisait la joie des riches Ancônitains.
Pas trop intimidés par cette «ouverture Larsen», fort esthétique mais vieillotte, les carabinieri furent persuadés, d'entrée de jeu, qu'il s'agissait d'un mythomane inoffensif. Et continuèrent à chercher ailleurs la piste de l'assassin d'Anna Maria. Mais la presse, locale puis nationale, ne manquèrent pas cette occasion de faire dans le sensationnel. Ainsi naquit le psychokiller joueur d'échecs, objet de l'attention de psychologues, criminologues e




