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Libération
Reportage

Une Eglise discrète et sans clochers.

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La communauté catholique de Tunisie est surtout composée d'étrangers.

ParFlorence AUBENAS
Tunis, envoyée spéciale
Publié le 15/04/1996 à 4h10, mis à jour le 15/04/1996 à 4h10

«Cela se passe en semaine dans la salle à manger. Je range la télé dans notre chambre et je mets une nappe blanche. Mes amies arrivent, on papote un peu. Puis le prêtre sonne, s'installe, dit la messe. Quand mon mari rentre du travail tout est rangé et le repas est prêt.» Aussitôt, Corinne (1) se reprend: «Bien sûr, mon époux est au courant. Mais, vis-à-vis de sa famille et des voisins, il ne tient pas à ce que je pratique de façon trop visible.» Depuis six ans, Corinne a quitté sa province française pour suivre son mari tunisien, dans une petite bourgade de l'autre côté de la Méditerranée. «Chez moi, je n'allais plus à l'église depuis longtemps. Je m'y suis remise ici. Cela a été la première engueu- -lade de notre couple. Il m'a traitée de colonialiste.»

Minuscule communauté. Pour la visite du pape, dans la cathédrale de Tunis, elle est venue, «en célibataire», comme elle dit. D'ailleurs, ils sont tous là, les catholiques pratiquants de Tunisie. Tous, c'est-à-dire mille fidèles, minuscule communauté blottie sous les voûtes, exclusivement composée d'étrangers au pays. «On n'est plus tellement habitués aux cérémonies, s'émeut une vieille dame, qui hésite entre se lever et s'asseoir. Il n'y a jamais de mariages, parfois des baptêmes pour les enfants de coopérants qui passent quelques années en poste ici. En général, on ne fait plus que des enterrements pour les personnes de mon âge, la petite poignée qui a préféré rester après l'indépen- -dance.»

Cette Eglise-là est sans église

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