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Libération
Reportage

ELECTIONS ITALIENNES, J-4. Avant les législatives cruciales du 21 avril, «Libération» fait le tour de la botte Turin, ville-test pour la «nouvelle gauche» La coalition de l'Olivier compte empêcher ce fief ouvrier de basculer à droite. Turin, envoyé spécial

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Publié le 17/04/1996 à 4h03

Un lambeau de cinquante kilomètres dans la plaine, entre les fleuves

Pô et Dora, où de Turin à Ivrea, s'étend une terre de dynasties industrielles. Là, naquit le mouvement ouvrier italien. Là, la gauche doit relever aujourd'hui un défi difficile, dans ses bastions que le désespoir pourrait faire basculer. Dimanche soir, à la fermeture des urnes, c'est ici que l'on verra si le grand écart d'une gauche s'ouvrant vers le centre, pour séduire les classes moyennes tout en voulant rester elle-même, a réussi. Ou si, au contraire, elle aura ainsi perdu son âme. A Turin, non pas à Milan, vitrine de la mode et de l'éphémère, ou dans le Nord-Est, déjà ailleurs avec sa floraison de PME sans visage et sans mémoire ouvrière.

Du fascisme à la Libération, de la saison des conflits syndicaux aux «années de plomb» du terrorisme, la «ville Fiat» a toujours marqué et souvent anticipé les grands tournants de la vie italienne. Pour le meilleur et pour le pire. Comme en mars 1994, quand un psychiatre berlusconien, play-boy sur le retour, faisant campagne pour la joie de vivre et le droit au bien-être, avait alors battu à plate couture le candidat du PDS, l'ex-PCI, dans son fief de Mirafiori.

Consensus. Cette fois-ci, la gauche s'est entourée d'une véritable armada. Pour la première fois, ex-communistes et anciens démocrates-chrétiens, technocrates catholiques, francs-maçons, syndicats, grands patrons et journaux annexes logent à la même enseigne: celle de l'Olivier, la coalition de centre gauche ani

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