Tokyo, de notre correspondante
Takashi Inoguchi, vice-recteur de l'université des Nations unies à Tokyo et spécialiste des questions stra- -tégiques en Asie, commente l'évolution de la relation américano-japonaise et de l'attitude nippone sur les questions de sécurité.
La fin de la guerre froide a-t-elle remis en cause les principaux objectifs du traité de sécurité entre les Etats-Unis et le Japon?
Sûrement pas. L'objectif fondamental du traité est d'assurer la stabilité en Asie grâce à une coopération entre les deux pays. Le Japon permet aux Etats-Unis d'établir des bases militaires sur son territoire, lui fournit l'espace et une assistance financière pour que ces derniers puissent intervenir dans la région si nécessaire. Le Japon a en même temps besoin d'un allié de poids capable d'assurer sa propre sécurité. De ce point de vue-là, les deux pays ont le même objectif, qui est de maintenir leur collaboration. La fin de la guerre froide n'a rien changé à ce principe de base. Bien sûr, l'ennemi potentiel était alors clairement l'URSS. Aujourd'hui, l'attention se focalise sur des menaces plus régionales, comme la Corée du Nord ou la Chine, bien que le Japon préfère ne pas les désigner expressé- -ment.
Est-il souhaitable, du point de vue japonais, que Tokyo renforce ses capacités de défense?
A court terme, ou même dans les dix ans à venir, la réponse est simple: ce n'est pas possible. L'opinion et l'immense majorité de la classe politique y sont oppo- -sées. Les pays voisins Coré




