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Libération

Tokyo et Washington resserrent leurs liens. Clinton et Hashimoto ont signé une déclaration conjointe sur la sécurité.

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Publié le 18/04/1996 à 4h01

Tokyo, de notre correspondante

Soucieux de calmer les inquiétudes en Asie nées des récentes tensions dans le détroit de Taiwan et dans la péninsule coréenne, les États-Unis et le Japon ont réaffirmé hier avec force l'importance de leur alliance en matière de sécurité, «clé de voûte de la stabilité et de la prospérité en Asie». Le président Bill Clinton et le Premier ministre Ryutaro Hashimoto ont signé hier dans la capitale japonaise une «déclaration conjointe sur la sécurité» qui, pour la première fois, pourrait amener Tokyo à jouer un rôle plus actif pour la paix et la sécurité dans la région. La Constitution pacifiste du Japon, sanction de son passé impérialiste, lui interdit d'intervenir hors de ses frontières. Mais «le temps est venu, a remarqué Ryutaro Hashimoto, d'étudier plus en détail ce que ces limites constitutionnelles nous permettent de faire et de ne pas faire».

Bref, le gouvernement japonais se dit prêt à ouvrir ce débat délicat et, à travers la réaffirmation du lien de sécurité entre Washington et Tokyo, se dessine une évolution du rôle du Japon dans la région. Le message politique est fort: la nécessité du traité de sécurité liant les deux pays est réaffirmée, mais au-delà, Tokyo et Washington ont voulu fortifier leur alliance à un moment où celle-ci est critiquée dans l'opinion, tant au Japon qu'aux États-Unis. Le viol d'une fillette de 12 ans par trois GI d'une base américaine à Okinawa, au mois de septembre, a scandalisé les Japonais. Certains s'interrogent

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