Rome,
de notre correspondant Jamais la gauche n'a été plus près de conquérir le pouvoir en Italie, jamais pourtant elle n'a autant tremblé. L'Olivier, cette vaste coalition de centre gauche édifiée autour du PDS, l'ancien PCI, a beaucoup plus à perdre d'une éventuelle défaite que ses adversaires. La coalition de centre droit, le Pôle des libertés, fait figure de challenger. Depuis plus d'un an, elle est dans l'opposition: c'est l'entente entre le PDS et les fédéralistes de la Ligue qui a tenu en vie le gouvernement de techniciens présidé par Lamberto Dini.
Le centre-droit est plus homogène, son équipe dirigeante plus soudée. La coalition tiendra donc malgré la guerre des chefs qui a débuté entre Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini, président d'Alliance nationale et homme fort de la droite.
Tout autres sont les enjeux pour la coalition de centre gauche, qui risque de ne pas survivre à sa défaite. Sur le papier, l'Olivier semble une «armada» invincible. Jamais la gauche n'est apparue aussi près du but, jamais elle n'avait su ou pu tisser une aussi vaste toile d'alliances pour accéder au gouvernement. Jamais le PDS, pilier de la coalition, n'a été si près de réaliser son rêve d'un compromis historique. Et ce, bien au-delà des espérances d'Enrico Berlinguer. Car il ne s'agit pas seulement du compromis entre la gauche et le monde catholique comme l'avait théorisé l'ancien leader communiste mort en 1984. L'Olivier est une fusée à plusieurs étages. C'est d'abord l'onction définitiv




