Malgré le fardeau de ses 74 ans, le roi du Cambodge, Norodom
Sihanouk, qui a entamé hier une visite d'Etat à Paris par un dîner à l'Elysée, n'a perdu ni son sens de l'ironie ni son franc-parler.
«Le roi du Cambodge est sur table d'écoute. Mon palais est bourré d'espions et d'espionnes. Si j'émets un mot de critique sur quiconque, ça se sait à la minute», a-t-il déclaré dans une interview accordée au quotidien Le Monde.
Se dépeignant tantôt comme un otage de l'homme fort du régime le co-Premier ministre ex-communiste Hun Sen, tantôt comme un arbitre du jeu politique capable de faire peser de tout son poids sa très réelle popularité, voire comme l'ultime garant de la démocratisation du Cambodge, l'éternel Sihanouk en surprendra toujours plus d'un. Par ses accents d'humour ravageurs, sa mégalomanie sympathique ou sa franchise lucide. Celui que son peuple appelle «Monseigneur papa» ne s'est vu octroyer par la constitution issue de l'intervention des Nations unies (1993) qu'un mandat de régnant, et non de gouvernant. Il dit s'en contenter, mais écorche au passage les méthodes de «certains hommes au pouvoir», c'est à dire Hun Sen, qui sait «diviser pour régner». Se posant en conscience vivante de son «cher pays», il épingle l'autoritarisme de l'actuel régime, où «l'opposition (...) consiste à ne pas s'opposer».
La visite d'Etat qu'il effectue en France sera pour lui l'occasion de remercier Paris de délier sa bourse (le Cambodge ne peut survivre sans l'aide internationale) et de s'




