Kamikuishiki, envoyée spéciale
Les guides touristiques de la région du mont Fuji, à l'ouest de Tokyo, ne mentionnent pas encore Kamikuishiki, mais le défilé de curieux dans le village de la secte Aum est incessant, au grand dam des habitants. Sur la route qui surplombe l'une des anciennes «usines chimiques» de la secte, un groupe de motards de Tokyo qui effectue le pèlerinage s'arrête pour lancer des pierres sur le bâtiment, pourtant hors d'atteinte.
«Ces gens-là sont la honte du Japon! Ils auraient mieux fait de se consacrer à la recherche contre le cancer plutôt que de devenir des scientifiques de la mort!», lance le chef de la bande, propriétaire d'un magasin de réparation de motos à Tokyo. Plus loin, un couple de personnes âgées venu de Niigata, à plus de 500 kilomètres, se prennent en photo à tour de rôle devant le bâtiment.
Cela fait un peu plus d'un an que la police a lancé ici des perquisitions massives dans les principaux bâtiments de la secte Aum Shinrikyo, qui l'ont conduite à l'arrestation spectaculaire de son gourou Shoko Asahara, après des semaines de battues à travers tout le Japon. Le 16 mai au matin, devant des dizaines de caméras de télévision, Asahara était retrouvé calfeutré dans l'antichambre d'un satian, sorte de grand hangar sans fenêtres. Le sien portait le n$ 6.
Près d'une centaine de fidèles de la secte résident encore à Kamikuishiki (préfecture de Yamanashi), un petit village de 1 500 habitants. Après l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, les




