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Libération

Le Japon juge le gourou de la secte AumShoko Asahara est accusé de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo.

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Publié le 24/04/1996 à 3h47

Tokyo,

de notre correspondante Reporté de plusieurs mois, le procès de Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum Shinrikyo, s'ouvre aujourd'hui devant le tribunal de Tokyo, treize mois après l'attentat au gaz de combat dans le métro de la capitale. Cette attaque avait fait 11 morts, intoxiqué 5.000 personnes et profondément ébranlé les Japonais.

Ce «procès du siècle», comme l'a baptisé la presse, sera l'occasion pour les Japonais d'exorciser l'horreur de ce matin du 20 mars 1995 où, en quelques minutes, plusieurs lignes de métro avaient été paralysées en même temps par des émanations d'un gaz étrange. Le Japon devait peu à peu découvrir avec stupeur qu'il s'agissait de sarin, ce gaz de combat mis au point par les nazis. L'enquête allait identifier rapidement les auteurs de l'attentat, une secte bouddhiste installée au pied du mont Fuji dont le gourou à demi-aveugle prédisait à ses fidèles une apocalypse nucléaire...

Deux mois seulement après le traumatisme du séisme de Kobe, cette explosion de haine inexpliquée devait faire vaciller le mythe d'une société japonaise harmonieuse à l'abri de la violence sociale. Les adeptes de la secte n'étaient pas des exclus, mais le plus souvent des enfants de bonne famille, diplômés d'universités scientifiques. Bref, des individus normaux, issus du «moule» éducatif où l'on forme les meilleurs éléments du système.

Agé de 41 ans, le «gourou à tête de Christ», comme la presse nippone le décrivait, aux cheveux longs et à la barbe noire, doit répondr

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