Menu
Libération

Affluence record au procès du gourou de la secte Aum à Tokyo

Réservé aux abonnés

Publié le 25/04/1996 à 3h44

Tokyo,

de notre correspondante Certains ont passé la nuit dans le parc Hibiya, a deux pas du Tribunal de Tokyo. D'autres ont même pris pour l'occasion un jour de congé. En tout, plus de 12.000 personnes ont fait la queue dans le grand parc en plein coeur de Tokyo, dans l'espoir de gagner au tirage au sort une des 48 places disponibles au public pour la première comparution du leader de la secte Aum Shinrikyo devant les juges du tribunal de Tokyo. Une affuence record, plus grande encore que pour le procès de l'ancien Premier ministre Kakuei Tanaka, jugé en 1993 dans le cadre du scandale Lockheed.

Mais le crime pour lequel est jugé Asahara hante encore ici tous les esprits. Il est accusé d'avoir commandité l'attentat au sarin dans le métro de Tokyo, le 20 mars 1995, qui a fait 12 morts, intoxiqué plus de 5.000 personnes et fait vivre le Japon dans l'effroi. L'émotion était à son comble dans cette petite salle d'audience sans fenêtre. La lecture par les juges, pendant près de quatre heures, des noms de toutes les victimes de l'attentat n'a pas ébranlé le gourou.

Les traits tirés, paraissant plus maigre que le jour de son arrestation, le 16 mai dernier, mais portant toujours ses cheveux longs noués et sa barbe noire, Asahara a refusé de répondre aux charges retenues contre lui: meurtres, tentative de meurtre et production illégale de stupéfiants. «Je ne veux pas parler. Ma vie n'a aucune importance.» «Je n'ai rien d'autre a ajouter», a-t-il dit, soucieux de se donner une image de l

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique