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Grosse colère francophone en SuisseTollé autour de la suppression de 13 vols intercontinentaux à partir de Genève.

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Publié le 26/04/1996 à 3h38

Genève,

de notre correspondant En décidant, il y a trois semaines, de supprimer 13 vols intercontinentaux à partir de Genève, Philippe Bruggisser, le patron de Swissair, croyait agir en manager avisé. Erreur gravissime: sa décision a provoqué un rare tohu-bohu. Bruggisser-Judas est accusé d'avoir sacrifié l'identité nationale helvétique pour économiser 210 millions de francs. En supprimant des vols Genève-Kinshasa, Le Caire ou Tel-Aviv, le patron de Swissair ne pensait pas attenter à un équilibre fédéral précaire.

Le fait est là: le modèle suisse a du plomb dans l'aile, et l'affaire Swissair en est à la fois un révélateur et un symptôme frappant. Hier, les hommes politiques de Genève, Vaud, Fribourg, du Valais et du Jura, des chefs d'entreprise ainsi que quelque 700 personnes se sont rassemblés à l'aéroport pour jeter une volée de bois vert à la compagnie aérienne et pour envisager les alternatives.

«Swissair était l'un des symboles de l'unité nationale, comme l'équipe suisse de football. Il fallait en tenir compte», note un diplomate suisse. Les Suisses romands se sont soudés pour dénoncer «la trahison de Swissair», qui abandonne Genève au profit de Zurich. Ils y voient les méfaits de «l'arrogance» de la métropole suisse alémanique. De son côté, le gouvernement a sommé les dirigeants de Swissair de reconsidérer leur choix stratégique d'ici à mardi. De New York, le secrétaire général de l'ONU, Boutros-Ghali, a fait savoir que «les Nations unies s'intéressent à des liaisons aér

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