Pékin,
de notre correspondante La télévision chinoise a retransmis en direct vendredi en fin de journée, la cérémonie de signature de «l'accord de confiance mili- taire dans les zones frontalières» entre la Chine, la Russie et les trois républiques d'Asie centrale: Kazakhstan, Kirghizistan et Tadjikistan. Ce type rarissime de retransmission télévisée reflète l'importance que la propagande a décidé de donner à cet événement, afin de marquer l'émergence de la puissance chinoise au centre de l'Eurasie. Jeudi soir, les informations télévisées avaient montré les quatre présidents invités: le Russe Boris Eltsine, le Kazakh Nursultan Nazerbaïev, le Kirghize Askar Akayev et le Tadjik Emomali Rakhamonov, débarquant tour à tour et en bon ordre à Shanghai, où les avait précédés leur homologue chinois Jiang Zemin. L'accord a été signé au Palais d'Exposition de Shanghai.
Les cinq chefs d'Etat ont successivement souligné l'aspect inédit et pacifique de ce document de 60 pa-ges, qui a demandé près de cinq années de négociations. Il s'agit d'un accord de «transparence militaire» visant à éviter tout risque de dérapage sur les 8.000 km de frontière entre la Chine et ses quatre voisins, grâce à des échanges réguliers d'observateurs et d'informations sur les mouvements de troupes à 100 km à l'intérieur de chaque territoire et une restriction de l'importance et du nombre des manoeuvres. Les forces militaires stationnées dans les zones frontalières s'engagent à ne pas s'attaquer. Mais il n'es