Menu
Libération

Accord de défense russo-japonais. Moscou et Tokyo se rapprochent malgré le contentieux des Kouriles.

Réservé aux abonnés

Publié le 03/05/1996 à 6h05

Tokyo, de notre correspondante

Un vent nouveau souffle dans les relations entre Tokyo et Moscou. Les deux pays viennent de signer un accord d'échange d'informations dans le domaine de la défense, ce qui constitue une première importante sur le plan diplomatique, même si la portée pratique de l'accord est limitée. Les relations de sécurité entre le Japon et la Russie sont une curiosité diplomatique: les deux pays sont techniquement en guerre, puisqu'ils n'ont toujours pas signé de traité de paix après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cet accord est intervenu à l'issue de la première rencontre qui ait jamais eu lieu, depuis la capitulation du Japon en août 1945, entre les ministres de la Défense des deux pays. Il s'agit d'un premier pas concret vers une détente de leurs relations, souligne-t-on de source diplomatique a Tokyo, et il est à mettre au crédit du gouvernement conservateur de Ryutaro Hashimoto, en place depuis le début du mois de janvier.

Partisane d'un dialogue renforcé avec Moscou sur la sécurité en Asie du Nord-Est, l'Agence de défense japonaise ­équivalent du ministère de la Défense­ cherchait depuis longtemps à élever au niveau ministériel ses rapports avec les Russes. Mais les autorités de Tokyo, avec en tête la majorité des élus du PLD (le parti au pouvoir), conditionnaient jusqu'ici leur accord au règlement du problème des îles Kouriles, que les Japonais appellent leurs «Territoires du Nord»: quatre îles situées au nord de l'archipel que la Russie a envahi

Dans la même rubrique