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COULISSES-BRUXELLESLe bateau de Villiers prend l'eau

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Publié le 08/05/1996 à 5h55

Avec ses discours tonitruants et ses promesses révolutionnaires,

Philippe de Villiers avait fait une entrée remarquée au Parlement européen. Deux ans plus tard, le pourfendeur de Maastricht et de la monnaie unique doit déchanter: «Europe des nations» (EDN), le petit groupe qu'il s'était concocté avec ses compagnons de «Majorité pour l'autre Europe» et une poignée de députés danois et néerlandais, bat de l'aile. Le député RPR Philippe Armand Martin ayant eu la mauvaise idée de rendre son tablier en avril et de rejoindre les gaullistes de l'Union pour l'Europe (UPE), toute nouvelle désertion suffirait à couler le navire, l'impitoyable règlement prévoyant un minimum de 18 députés pour tout groupe composé de trois nationalités.

Malgré un apparent statu quo, certains n'hésitent pas à prédire la disparition d'EDN pour la fin de l'année, avant la grande redistribution des cartes de la mi-législature. «Ceux qui étaient partis chez Villiers l'avaient fait pour être sûrs d'être élus. Maintenant, ils commencent à se demander ce qu'ils font là», ironise un socialiste. De son côté, un représentant d'UPE fustige le groupe présidé par Jimmy Goldsmith: «Ils se sont enfermés dans une opposition beaucoup trop systématique et dans des combats d'arrière-garde.»

Des accusations réfutées par le secrétaire d'EDN, Hervé Fabre-Aubrespy. «Nous nous battons contre la pensée unique et nous sommes pratiquement les seuls à avoir une position constante sur les accords de libre-échange, la monnaie unique, le

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