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Interview

L'Union indienne en quête d'une coalition Le chercheur Christophe Jaffrelot estime que le parti du Congrès peut rebondir.

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Publié le 11/05/1996 à 6h09

Le Premier ministre P.V. Narasimha Rao a démissionné hier avec son

gouvernement après la défaite aux législatives indiennes de son parti, le Congrès, qui a dirigé l'Inde presque sans interruption depuis 1947. Les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP) devraient devenir le principal parti au Parlement et aucune formation n'aura la majorité absolue à la chambre basse qui compte 545 sièges. Sur 395 sièges déclarés hier soir, le BJP et son allié, le Shiv Sena, remportaient 129 sièges, le Congrès et ses alliés 112, l'alliance de gauche National Front / Left Front, 77 et les autres partis 77. Rao doit continuer à expédier les affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement de coalition. Les tractations vont bon train et l'alliance de gauche comme le BJP ont annoncé qu'ils tenteraient de former un gouvernement. Le porte-parole du Congrès a indiqué que son parti soutiendrait «de l'extérieur» un gouvernement formé par l'alliance de centre-gauche afin d'empêcher le BJP d'arriver au pouvoir.

Christophe Jaffrelot est chercheur au Ceri (Centre d'études et de recherches internationales) et au CNRS (1). Pour lui, la nouvelle donne politique traduit une évolution sociale de fond.

A quoi attribuez-vous la montée du nationalisme hindou?

La poussée du BJP (Bharatiya Janata Party) paraît constante. Il a obtenu lors des élections nationales deux sièges en 1984, 85 en 1989, 121 en 1991 et, là, probablement autour de 200 sièges. Mais le BJP a essuyé entre temps des rev

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