En visite officielle à Washington début mai, l'ancien ministre des
Affaires étrangères néerlandais, Hans Van den Broek, aujourd'hui responsable de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) au sein de la Commission de Bruxelles, a osé évoquer publiquement le maintien d'une présence militaire européenne en Bosnie après le départ des forces de l'Otan. Une déclaration faite à titre personnel, mais suffisamment détonante et contraire aux positions des intéressés pour susciter l'étonnement des Etats-Unis et la colère de plusieurs pays de l'Union. «Van den Broek a eu du courage d'amorcer cette réflexion, mais on peut contester l'opportunité et le cadre de son intervention», reconnaît l'un de ses partisans. Quelques jours après avoir exprimé son courroux, le chef du Quai d'Orsay, Hervé de Charette, est d'ailleurs revenu à la charge, lundi à Bruxelles. «M. Van den Broek a voulu dire qu'il avait été mal compris», a-t-il lancé devant les journalistes. Un mécontentement largement partagé par la Commission, dénuée de droit d'initiative en la matière et inquiète des conséquences d'un tel dérapage sur les travaux de la conférence chargée de réformer le traité de Maastricht. Sommé de s'expliquer, mercredi dernier, devant ses collègues, le commissaire aurait d'ailleurs eu le plus grand mal à se défendre. «Cet épisode va sûrement illustrer les réticences de la CIG à augmenter les pouvoirs de la Commission», avertit un diplomate. L'incident ne suffira sans doute pas à concrétiser




