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Il y a trente ans, la Révolution culturelle... Ces trois ans de violence (1966-1969) ont laissé une cicatrice indélébile dans la mémoire chinoise.

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Publié le 16/05/1996 à 5h31

«Les représentants de notre parti, de notre gouverne- -ment et de

nos forces armées et divers cercles culturels ne sont qu'un ramassis de contre- révolution- -naires révisionnistes. Quand leur heure viendra, ils tenteront de s'emparer du pouvoir et de transformer la dictature du prolétariat en une dictature de la classe capitaliste.» C'est par cette circulaire, le 16 mai 1966, que Mao Zedong lança la «Grande Révolution culturelle prolétarienne». Un chapitre que l'historio- -graphie officielle qualifiera plus tard de «dix années de chaos». L'idée de ce «combat contre le révisionnis- -me» germa dans l'esprit de Mao qui cherchait à reconquérir un pouvoir qui lui échappait. Placé sur un piédestal, baptisé «soleil rouge», Mao avait été plus ou moins à écarté par l'équipe dirigeante au vu de l'échec de ses politiques précédentes (selon un document interne du PCC, 43 millions de personnes sont mortes de faim pendant le «Grand Bond en avant», lancé par Mao en 1958 pour «rattraper l'Occident»).

Armé de robustes préceptes tels que «les gens simples sont les plus intelligents; les gens de l'élite les plus ignorants», Mao envoya donc quelque 20 millions de Gardes rouges «bombarder les quartiers généraux». Il en résulta la purge violente, et souvent la mort, de 70% des membres du comité central et de centaines de milliers de cadres du parti. L'anarchie la plus totale s'installa. L'armée fut appelée pour rétablir l'ordre pendant l'été 1967, déclenchant une nouvelle vague de persécutions,

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